Archives pour la rubrique
— Histoire économique —


Un riche spéculateur anglais qui adore Napoléon

6 février 2012, par Vincent Grimaldi de Puget

Alors que les journaux observent “la lutte contre la spéculation” actuellement en France, le moment est bien choisi pour prendre du recule sur la question.

Pour illustrer le débat sur la spéculation, le grand économiste Paul Samuelson aimait a raconter la manière dont David Ricardo avait engrangé d’énormes profits après la bataille de Waterloo.

Ricardo était un entrepreneur britannique, député au Parlement, financier et spéculateur. Nous lui devons la théorie des avantages comparés, qui défend le libre échange entre les nations.

A l’époque des guerres napoléoniennes, il se révéla être un trader d’obligations particulièrement industrieux. Lire la suite »

L’Egypte nous met face aux vrais défis

6 février 2012, par Vincent Grimaldi de Puget

Ce Blog ne peut ignorer l’actualité politique au Moyen Orient. Hier, la Tunisie était une étincelle. Aujourd’hui, l’Egypte s’enflamme.

L’Egypte est une grande nation arabe, berceau de Nasser, et d’une civilisation millénaire. C’est aussi un colosse de 80 millions d’habitants, dont la moitié de la population a moins de 25 ans. Enfin, l’Egypte est un carrefour géostratégique, arbitrant la paix entre Arabes et Israéliens et régnant sur le canal de Suez et le plus grand fleuve d’Afrique. Le Nil est tout-à-la-fois la carotide et la voie de communication qui lie l’Egypte à l’Éthiopie, Soudan, Rwanda, Tanzanie, Ouganda, Burundi, Congo, Érythrée, et Kenya.

Dans le feu de l’action, il est difficile d’anticiper les conséquences des manifestations populaires qui secouent la région. En 1968, le Printemps de Prague est écrasé par l’intervention de 400.000 soldats et plusieurs milliers de chars soviétiques. En 1979, Khomeini remplace le Shah d’Iran, renversé par la rue, et proclame une république islamiste. En 1989, la révolte de Tiananmen Square fut rapidement écrasée par le régime communiste chinois. Il est donc à prévoir que les nations arabes puissent ne pas s’inspirer de l’esprit de Montesquieu. Lire la suite »

Perdre son temps en réflexions

6 février 2012, par Vincent Grimaldi de Puget

Contrairement à une certaine croyance populaire, nous ne souffrons pas d’un culte de la productivité, de la vitesse, de la rentabilité, ou de la vitesse. Au pire, nous souffrons d’un culte du passé! Le problème n’est pas de lever le pied. Au contraire, si nous sommes soucieux de l’avenir – pour nous, nos enfants, nos entreprises, régions, et pays européens - il faut réhabiliter le temps.

Le culte de notre fabuleux passé doit être transformé en un culte du temps qui s’écoule. Nous en tirerions de grands bénéfices. Le passé peut être exploité comme l’on fouille sa mémoire, mais il est vain de tenter de le revivre. Si le passé est bien mort, le temps lui est précieux. On prend son temps, on procrastine ou reporte au lendemain, et le temps est perdu! Il faut donc mieux apprécier le temps, sa rareté, et l’énergie qu’il peut renfermer.

La réponse de Blackberry à Apple

6 février 2012, par Vincent Grimaldi de Puget

La réponse du berger à la bergère: RIM lance le PlayBook en réponse à l’iPad d’Apple.

Il y a 25 ans, Research In Motion (RIM) n’avait pas encore conçu le Blackberry. La start-up n’offrait encore que des pagers, et c’est en 2000 que l’entreprise canadienne lança le fameux Blackberry, qui n’était alors qu’une sorte de pager équipé d’un clavier pour échanger des emails.

A cette époque, les opérateurs téléphoniques américains n’offraient pas encore l’interopérabilité des systèmes SMS, ce qui limita l’adoption du texto aux Etats-Unis. Dès le lancement du nouveau Blackberry, les entreprises américaines se ruèrent donc sur ce nouveau moyen de rester en contact avec leurs salariés. Même le Général Colin Powell déclarait ne pas pouvoir se séparer de son Blackberry.

Aujourd’hui, le Blackberry célèbre son 10ème anniversaire dans un combat de titan qui l’oppose à Apple. L’été dernier, il y eut d’abord le lancement du Blackberry Operating System 6, qui bat au cœur du nouveau Blackberry Torch, un appareil hybride combinant l’écran tactile de l’iPhone avec le clavier (coulissant) du Blackberry traditionnel. Les annonces se succèdent et cette semaine, RIM annonce également l’arrivée du PlayBook, une tablette qui se veut plus performante que l’iPad d’Apple.

Blackberry est fréquemment surnommé “crackberry” tant il peut être une drogue pour ses utilisateurs. Depuis son lancement, plus de 50 millions de Blackberry se sont vendus, positionnant le produit de RIM en leader du marché, devant PALM qui était pourtant un précurseur. Lire la suite »

Le Bouclier fiscal réduit les déficits publics

6 février 2012, par Vincent Grimaldi de Puget

La polémique revient comme un tour de manège: le tandem ISF-Bouclier fiscal anime un débat récurrent entre une certaine droite craintive et une certaine gauche rétrograde.

A droite, Margaret Thatcher se serait débarrassée de l’ISF d’un coup de plume. A gauche, la récente visite de Tony Blair à Paris nous rappelle que la France a manqué le virage du New Labour, qui porta le parti travailliste au pouvoir de 1997 à 2010. Mais l’un comme l’autre étant Britannique, ils symbolisent la “perfide Albion” que nous n’osons suivre. L’Union, l’Otan, Winston Churchill et l’Entente cordiale n’ont pas suffit à faire oublier Jeanne d’Arc et Waterloo.

Hier, le ministère de l’Economie a communiqué que 18.764 contribuables ont bénéficié du bouclier fiscal, plus qu’anticipé par Bercy. A gauche et à droite, on débat le sujet en défendant des points de vue opposés.

Dans ce dossier, la droite a pourtant les faits en sa faveur Lire la suite »

Schumpeter, économiste de l’innovation

6 février 2012, par Vincent Grimaldi de Puget

Il y a trente ans, tous les gurus ne juraient que par les grands groupes. Aujourd’hui, peut-on conclure que l’avenir est aux entrepreneurs?

Alors que la crise a remis en question nombre de théories économiques, celles de l’économiste viennois Joseph Schumpeter (1883-1950) restent étonnantes d’actualité pour nous aider à analyser l’évolution du monde et la position que l’entrepreneur y occupe.

Déjà dans sa Théorie de l’évolution économique (1911), Schumpeter estime que le dynamisme d’une économie s’appuie sur l’innovation et le progrès technologique. Lorsqu’il observe l’histoire du capitalisme sur une longue période, il y voit une transformation permanente. Il démontre que le capitalisme bénéficie d’une capacité d’adaptation intrinsèque, que seul un excès d’intellectualisme semble pouvoir mettre à mal.

D’après lui, c’est l’innovation technologique qui, en évoluant, pousse des pans entiers de l’activité économique en marge du système. Après avoir été dominants, ces secteurs sclérosés résistent parfois un moment, et ensuite s’adaptent ou disparaissent. Pour Schumpeter, l’acteur central de ces changements est l’entrepreneur innovateur (”Unternehmergeist”), ou encore l’intrapreneur. Lire la suite »

Lu dans Attali: Tous Ruinés dans 10 ans ?

6 février 2012, par Vincent Grimaldi de Puget

“En France, la dette [publique] représente 83% du PIB, 535% des revenus fiscaux; les emprunts annuels [de l'Etat] représentent 137% des revenus fiscaux; en 2010, ce pays sera même devenu le premier emprunteur d’Europe, avec 454 milliards d’euros, devançant l’Italie (393 milliards), l’Allemagne (386 milliards) et le Royaume-Uni (279 milliards). Tous les pays de l’Union sont dans la ligne de mire des marchés, à qui ils ont emprunté. [...]”

En 2010, la France sera devenue
le premier emprunteur d’Europe

“Tout se met en place pour un nouveau désastre. Il aura lieu si les marchés perdent confiance dans la capacité des Etats à rembourser ce qu’ils ont emprunté, si les taux d’intérêt se mettent à monter, comme c’est déjà le cas en Europe du Sud.”

(Jacques Attali, Tous ruinés dans dix ans ?, Fayard, Mai 2010, p.110)

Les sièges mondiaux d’Apple et Microsoft dans le 92 ?

6 février 2012, par Vincent Grimaldi de Puget

ETUDE DE CAS - Il y eut une époque où le slogan “En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées” envahissait les ondes. Le Micral fait partie de ces bonnes idées: le tout premier micro-ordinateur individuel a être commercialisé! On le doit à R2E, société créée en 1971 par André Truong (1936-2005), dont la géniale équipe conçut l’ordinateur autour du nouveau microprocesseur Intel 8008 avant de l’emporter aux Etats-Unis. Là, c’est toute l’énergie entrepreneuriale américaine qui les attendait. Lire la suite »

Steve Jobs sur le chemin de Gutenberg ?

6 février 2012, par Vincent Grimaldi de Puget

Par de nombreuses mesures, Steve Jobs suit Gutenberg; entre autres par la création de l’Apple II qui, il y a quelque 30 ans, ouvrit la voie au PC que vous utilisez en ce moment. Le micro-ordinateur français Micral était pourtant apparu 4 ans plus tôt! Steve Jobs aurait-il pu atteindre de tels sommets dans d’autres environnements, en France par exemple?

Les entrepreneurs se retrouvent partout, à toutes les époques, dans tous les pays, et dans des entreprises de toutes tailles. Entrepreneur n’est donc pas synonyme de start-ups ou dot-coms. Lire la suite »

Steve Jobs: Les Entrepreneurs ont besoin de héros!

6 février 2012, par Vincent Grimaldi de Puget

Qu’il est fatiguant d’entendre les critiques de l’iPad. En 2003 déjà, Steve Jobs – en jeans, baskets et T-shirt noir – se faisait virer de sa propre soirée au Musée d’Orsay. Mais qu’a-t-on donc contre les entrepreneurs qui osent!?

Quel raz-de-marée de négativisme ne faut-il pas supporter: La stratégie de communication d’Apple a atteint ses limites. L’iPad laisse un goût amer. On peut pas l’utiliser pour téléphoner. Il n’a pas d’USB. On ne peut pas y télécharger ses photos. Etc. etc.

Pourquoi ne pas se réjouir de l’écran tactile de 9,7 pouces, de la facilité d’utilisation, de la finesse du design. L’iPad a le mérite d’exister et d’explorer un nouveau marché. Car c’est de cela qu’il s’agit: d’esprit d’entreprise!

We need more heros !

Steve Jobs est un entrepreneur, qui malgré son génie – le mot n’est pas trop fort – a su royalement se planter et se replanter, à plusieurs reprises. Il laisse en effet derrière lui un cimetière d’innovations qui n’ont su trouver de clientèle: Apple III, Lisa, Newton, etc. De plus, un orgueil démesuré et un tempérament colérique lui ont valu de nombreux accrochages avec ses collaborateurs. Lire la suite »

Ensevelir la dette sous une montagne d’inflation?

6 février 2012, par Vincent Grimaldi de Puget

Ceux qui espèrent que l’inflation pourra nous tirer de notre endettement gargantuesque se leurrent. Ils défendent que l’inflation des prix diluera petit à petit la montagne de dettes accumulées depuis 30 ans. Mais c’est oublier que l’inflation est une gangrène, en tout cas lorsqu’elle s’élève à des taux au-delà des taux de croissance de la richesse nationale.

D’abord, l’inflation accroît l’incertitude vis-à-vis de l’avenir et mine la confiance des acteurs économiques. Ensuite, l’inflation résulte en une forme de taxe cachée qui transfert la richesse de manière anarchique. La France, souvent encline à réglementer, devrait donc se méfier de lancer l’Eurozone dans une fuite en avant qui se montrerait rapidement difficile à contrôler. Lire la suite »

Les dérives inquisitrices de l’interdit bancaire

6 février 2012, par Vincent Grimaldi de Puget

Il est généralement pervers de marquer du fer rouge les Capitaines d’entreprise d’une entreprise en faillite. Non seulement la vaste majorité d’entre-eux sont des gens honnêtes, mais l’expérience d’une telle crise est un acquis personnel important. La nature humaine est ainsi faite que souvent l’on apprend davantage de ses échecs que de ses succès.

Malheureusement, la perversité du système est parfois poussée à l’extrême. En cas de dépôt de bilan, même les PDG de Transition et les Administrateurs judiciaires qui ont tenté de secourir l’entreprise courent le risque de se voir frappé d’interdit bancaire.

Bien avant la Révolution industrielle, les affaires se faisaient sans aucune limitation de responsabilité. Par exemple, alors que les riches mines d’argent du Nouveau Monde alimentaient le Trésor espagnol, le roi Philippe II surprit ses créanciers en faisant défaut sur sa dette. Ainsi, nombreux furent ses banquiers - des Génois pour la plupart - qui se retrouvèrent en faillite personnelle, vendant maisons et meubles. Il fallut attendre la mise en place du principe de la société à responsabilité limitée pour enfin séparer la vie de l’entreprise, personne morale, et celle de ses actionnaires et mandataires sociaux, personnes physiques. Lire la suite »