La crise économique nous fait parfois oublier que d’autres crises pendent au-dessus de nos têtes telles des épées de Damoclès. La pandémie de grippe porcine mexicaine en est une.
De prime abord, les craintes récentes face à la grippe aviaire et au SRAS ont assoupi notre vigilance. Donc, pour remettre le risque en perspective, rappelons que la “grippe espagnole” (1918-1919) fit entre cinquante et cent millions de morts dans le monde et la peste noire (1347-1350) tua probablement plus du tiers de la population européenne. Quel que soit le risque aujourd’hui, il y a certainement des leçons à tirer sur la nature disruptive des épidémies, quelles soient mortelles ou non.
Soulignons que cette nouvelle souche de la grippe se transmet par voie aérienne, touche les individus de tous âges, mais semble rester bénigne dans la plupart des cas aux Etats-Unis, alors même que les cas mexicains ont provoqué plusieurs décès.
En France, alors que le premier cas supposé de grippe porcine mexicaine vient d’être détecté, certains pharmaciens sont déjà en rupture de stocks de masques et de Tamiflu (oséltamivir), l’une des rares armes que l’on possède pour contrer ce nouveau virus de la grippe.
Les crises se gèrent, entre autres, par une forte anticipation des contraintes logistiques. La ruée sur les pharmaciens en est une, et les ruptures de stocks momentanées ne peuvent qu’attiser le désarroi.
Anticiper les problèmes logistiques
Faut-il pour autant attendre le vaccin ou espérer que le nuage contourne l’hexagone. Tchernobyl, dont on célébrait l’anniversaire ce 26 avril, nous a appris que les crises traversent les frontières et que nous ne sommes pas à l’abri de retombées néfastes. Lire la suite »