Steve Jobs: Les Entrepreneurs ont besoin de héros!
29 janvier 2010, par Vincent Grimaldi de Puget
Qu’il est fatiguant d’entendre les critiques de l’iPad. En 2003 déjà, Steve Jobs – en jeans, baskets et T-shirt noir – se faisait virer de sa propre soirée au Musée d’Orsay. Mais qu’a-t-on donc contre les entrepreneurs qui osent!?
Quel raz-de-marée de négativisme ne faut-il pas supporter: La stratégie de communication d’Apple a atteint ses limites. L’iPad laisse un goût amer. On peut pas l’utiliser pour téléphoner. Il n’a pas d’USB. On ne peut pas y télécharger ses photos. Etc. etc.
Pourquoi ne pas se réjouir de l’écran tactile de 9,7 pouces, de la facilité d’utilisation, de la finesse du design. L’iPad a le mérite d’exister et d’explorer un nouveau marché. Car c’est de cela qu’il s’agit: d’esprit d’entreprise!
We need more heros !
Steve Jobs est un entrepreneur, qui malgré son génie – le mot n’est pas trop fort – a su royalement se planter et se replanter, à plusieurs reprises. Il laisse en effet derrière lui un cimetière d’innovations qui n’ont su trouver de clientèle: Apple III, Lisa, Newton, etc. De plus, un orgueil démesuré et un tempérament colérique lui ont valu de nombreux accrochages avec ses collaborateurs.
Insulté, licencié, voué pour mort, Steve Jobs ne cesse pourtant de surprendre pas sa capacité à rebondir avec panache. Depuis l’Apple II, les illustrations sont pléthoriques: Mac, iPod, iTunes, iPhone, mais aussi Next, Pixar, et la popularisation de la souris et de l’interface graphique (que vous avez sous les yeux). Ces dernières années, son combat contre le cancer mérite à lui seul un respect tout particulier. En somme, Steve Jobs est un génie… humain.
Rome ne s’est pas faite en un jour
L’iPad est un nouveau produit, dans un nouveau segment. Quoique haute-technologie, un tel nouveau produit ne peut qu’être basique, comme l’étaient les gros iPod de première génération (2001). Aujourd’hui, l’iPad tâte le terrain et explore de nouvelles voies. Les évolutions d’iPad – fonctions, taille, connectique, résolution de l’écran, puissance du micro-processeur – iront là où la demande se développe. L’iPad pourrait certes devenir un journal électronique, mais pourrait tout autant empiéter sur le terrain des téléviseurs et DVD.
Notons que face à ces nouveaux entrants et une concurrence accrue sur ses marchés, le colosse Sony est poussé à se remettre en question. L’iPod avait déjà évincé le Walkman, bébé d’un autre grand entrepreneur: Akio Morita. Cette fois, Sony anticipe et s’investit entièrement dans le développement de la télévision 3D, afin de reconquérir ses marchés.
En somme, on ne peut que se réjouir que des entrepreneurs comme Steve Jobs osent de nouvelles choses, défient les idées reçues, élèvent les standards, et chargent leur entourage d’une énergie renouvelée. Ils sont continuellement en mouvement et représentent une source d’inspiration pour les jeunes et les moins-jeunes.
Si Steve Jobs était Français, il se comparerait volontiers à Zinedine Zidane, Thierry Henry ou Franck Ribéry*: “Ils courent là où le ballon sera, et non pas là où il est. C’est ce que nous avons toujours essayé de faire chez Apple, depuis les premiers jours. Et nous continuerons toujours et encore.”
(*) Cette citation est adaptée d’une comparaison que Steve Jobs fit avec le champion de hockey canadien, Wayne Gretzky.